[CRITIQUE/TEST] The Evil Within

26 Janvier 2015 , Rédigé par Otakus'(no)Life Publié dans #Critique

On se souvient tous de la bande annonce de The Evil Within débordant de sang et sur fond de musique classique. Développé par Tango Gameworks et édité par Bethesda, The Evil Within est un jeu d’action et survival-horror entraînant le joueur dans un périple mental sur fond policier. Le jeu a fait grand bruit lors de ses différentes présentations et a créé une réelle attente pour les joueurs friands de ce style de jeu. Depuis quelques années, les jeux d’horreur sont devenus le monopole des développeurs indépendants et The Evil Within apparaît comme un mastodonte et rassemble bon nombre de code du genre.

[CRITIQUE/TEST] The Evil Within

Une fois le jeu lancé on se retrouve dans un menu succinct  et fidèle à l’univers du jeu. Avant de commencer la partie, le jeu nous propose deux niveaux, Détente et Survie, accompagnés d’autres niveaux qui pour leurs parts sont grisés pour la première partie.

Le jeu démarre avec une cinématique qui met en place l’élément déclencheur de l’histoire. Et dès cette cinématique, il y a un hic, en effet, cette dernière n’est pas moche mais apparait vieillotte par rapport à ce que peuvent proposer d’autres jeux sur nos consoles de salons.

On retrouve directement l’empreinte de Resident Evil pour ce qui est des graphismes aussi bien en jeu que pour les cinématiques. Normal, me direz-vous puisque l’homme derrière ce jeu n’est autre que Shinji Mikami, créateur de Resident Evil. Cependant je trouve cela dommage puisque The Evil Within ne se crée pas une réelle identité qui aurait pu lui permettre de s’émanciper de ses précurseurs.

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Malheureusement, le jeu connait pas mal de défauts techniques tels que de l’aliasing, du clipping et du tearing, qui, au final finiront par se faire beaucoup ressentir et vous lasser au fil du jeu. Cependant, le jeu n’est clairement pas moche grâce aux éclairages et à la modélisation des personnages, mais certaines textures peuvent déranger, principalement au niveau du décor. Malgré cela le jeu atteint une certaine beauté suivant les plans qu’il nous offre, nous laissant même quelques secondes d’inactivité et de contemplation dans ce monde apocalyptique.

Les larges bandes noires se trouvant en haut et en bas de l’écran sont un choix osé et intéressant,  qui donne un côté cinématographique même si cela peut s’avérer gênant si le joueur possède un écran de taille limitée. De plus la vision très rapprochée du personnage donne l’impression, avec les bandes noires de n’avoir aucune visibilité autour du personnage.

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Justement, ce personnage. Il s’agit donc de Sebastian Castellanos, inspecteur de police de 38 ans officiant à Crimson City.

L’histoire du jeu commence lorsque l’inspecteur Castellanos et ses partenaires se rendent dans un hôpital psychiatrique où un massacre a eu lieu. A partir de ce moment-là l’univers du jeu se met en place par des gimmick du genre tel que la pluie, les rues désertes, la radio qui grésille etc.

Arrivé sur place, le sol est jonché de cadavres et le sang est déjà fortement présent. L’inspecteur Castellanos visionne les caméras pour comprendre la raison du massacre. Il y découvre un homme au pouvoir surnaturel éliminant sans mal les forces de police. En un instant il se retrouve assommé  par derrière. Nous voilà, à moitié sonné, la tête à l’envers, blessé, dans une salle macabre, d’où nous devons nous échapper. A partir de là, le jeu commence, et bonne chance. Vous vous trouverez dans un univers où la moindre erreur ou inattention fera de vous un homme mort.

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Durant les premières heures, l’histoire va vous paraitre incompréhensible et très sombre. Ironiquement les moments de paix que vous aurez seront dans un asile psychiatrique qui apparait comme le subconscient de notre cher inspecteur Castellanos. Le scénario se base donc sur cela, le subconscient et la folie humaine qui peut en découler. Le jeu mêle plusieurs sources de phobies qui peuvent amener le joueur à repousser ses limites pour les surpasser. Associées au gore, cela fait un cocktail détonnant emmenant le joueur dans une trame intéressante, où celui-ci croisera noirceur, monstres en tout genre et hémoglobine. Cette trame qui monte en puissance pour finalement, et malheureusement, se terminer avec un goût de déception puisque trop convenue pour le genre.

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Pour ce qui est du gameplay, le jeu n’invente pas grand-chose pour les TPS. Le personnage est assez lent et rigide offrant quelques mouvements frustrants. De plus, ne pensez pas courir un marathon avec lui parce que vous n’irez pas très loin, encore pire quand vous êtes blessé. Comme dit plus haut, la caméra étant proche du personnage, le joueur n’a pas la possibilité de voir pleinement son environnement, cela renforce certes l’univers oppressant du jeu mais frustre là aussi les joueurs ayant l’habitude des grands espaces.

Le jeu est clairement dur, même au niveau Détente, il est fort probable que certains passages vous donne droit à des séquences « die and retry » dont on aurait pu se passer. Cette difficulté se ressent aussi sur le fait que notre inspecteur commence avec un panel d’armes très limité ne permettant pas de se sortir de toutes les situations. Fort heureusement, ce panel va s’agrandir allant de la hache au fusil à pompe ou encore un sniper voire une arbalète.

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Cela pourrait être fort réjouissant mais c’est sans compter sur le fait qu’il faille utiliser nos si chères munitions avec parcimonie. En effet, ces dernières sont d’une rareté qui vous poussera à explorer le moindre pixel de l’endroit où vous vous trouvez pour pouvoir avoir du répondant face aux ennemis qui vous entourent. Ces derniers sont d’autant plus puissants que cela en est énervant. En effet, ne pensez pas vous battre au corps-à-corps avec ne serait-ce un seul de ces monstres qui ne craindront que très peu vos coups de poing mais qui vous mettrons des mandales monumentales. Votre moment de puissance contre eux se trouve dans le contournement. Arriver dans leurs dos permet de déclencher une action qui tuera en un coup votre ennemi, mais soyez discret, très discret puisque cette action peut être un échec si le monstre se retourne, et là, il ne vous reste plus qu’à courir. Ce one shot peut laisser des questions quand avec un coup de fusil à pompe le monstre devant nous reste debout sans avoir osciller d’un poil.

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Comme dans tous les jeux du genre, il vous sera nécessaire de ramasser des items. Tantôt des objets pour craft des munitions, principalement pour l’arbalète qui peut accueillir différents carreaux. Tantôt des bocaux pour faire évoluer les aptitudes du personnage. Cependant, il vous faudra trouver un miroir pour ainsi vous retrouver dans « votre asile » et améliorer votre personnage. D’ailleurs dans cette asile certaines salles et coffres se trouvent verrouillées, il vous faudra trouver des statuettes de Marie qui vous donneront des clés permettant d’ouvrir ces objets.

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Un bon point pour ce jeu se trouve dans son bestiaire. On y retrouve un nombre impressionnant de créatures toutes aussi folles qu’inspirées. Cela rehaussé par la présence de boss tout aussi recherché et ardu à affronter même si à certain moment ils s’enchaînent un peu trop rapidement. La difficulté atteint un point encore plus haut avec la présence de pièges tels que des mines ou encore des pièges à ours. Tous ces adversaires vous donneront du fil à retordre et vous feront vous arracher les cheveux. Dans ce jeu règne de façon constante un sentiment d’infériorité et d’inconfort pour le joueur.

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Pour ce qui est de la bande son, pas de fausse note particulière. La musique est assez discrète pour laisser place aux bruits angoissants alentour. Même quand l’action est à son plus calme, il reste quand même un arrière fond dérangeant mettant le joueur sur ses gardes face à une possible surprise.

Par contre du côté des dialogues, c’est assez léger, voire pas fameux. Les voix des doubleurs collent bien aux personnages mais l’écriture des dialogues reste assez sommaire ne permettant pas de mettre en lumière un personnage plus qu’un autre.

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De son côté la durée de vie est plus qu’honnête puisqu’il faudra compter entre 15 et 20 heures de jeu pour voir le générique de fin sur notre écran. Le problème se trouve au niveau de la rejouabilité du titre, car une fois fini les seules options que le joueur aura seront, soit de recommencer le jeu à un niveau différent (Détente, Survie, Cauchemar ou Akumu) soit de rejouer un chapitre voulu en y ajoutant des armes différentes.

[CRITIQUE/TEST] The Evil Within

Conclusion : Malgré de nombreux défauts techniques et des déplacements parfois rigides pour le personnage ce jeu est clairement une expérience unique plus au niveau de l’esprit et de sa manipulation que le gameplay en soi. L’ambiance du jeu est juste incroyable, accompagnée par une bande son d’une grande qualité. The Evil Within est un savant mélange des codes du genre survival-horror et empreinte sans se cacher à Resident Evil ou encore le plus récent The Last Of Us. Pour les joueurs aimant la difficulté et l’hémoglobine, ce jeu est de très bonne facture. On oublie rapidement ses défauts qui peuvent paraitre frustrant pour se laisser emporter dans une aventure angoissante et horrifique à souhait.

 

Merci à CzGm pour ce test et merci à Bethesda pour nous avoir permis de publier cette critique !

 

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94% Jokers 27/03/2015 13:30

Du bon survival bien sympa avec une histoire assez interessante, une descente dans les meandres de la folie pure. Du gore, de l'horreur totale, j'ai eu l'impression de retrouver le veritable successeur des premiers resident evil, un grand jeu a ne pas louper !